Obtenir un stage grâce à YouTube

Chargée d'études qualitatives

3 octobre 2016

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Chérifa Michaud
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Sarah Vassaux a 30 ans et intègre cette année au Cnam la licence professionnelle Etudes de marché. La formation nécessitant un stage, qu'elle n'arrivait pas à trouver, elle a décidé de réaliser un CV vidéo sur YouTube. C'est ainsi qu'elle a décroché un stage chez TNS Sofres ! Interview.

Bonjour Sarah. Pour commencer, pourriez-vous nous brosser votre portrait professionnel ?

Je souhaite devenir chargée d’études qualitatives en institut d’études. J’ai obtenu un master de psychosociologie à l’université Paris 13 en 2013. J’ai depuis travaillé principalement dans le secteur médico-social et sur des missions diverses : formation, recherche, animation de groupes d’analyse des pratiques professionnelles, psychologue du personnel, etc. Je me suis intéressée au milieu des études qualitatives en participant moi-même à des réunions de consommateurs (en tant que consommatrice « lambda »), et j’y ai trouvé de nombreux points communs avec ma formation et mes compétences, notamment dans l’animation et l’analyse des groupes.

Que s'est-il passé ensuite ?

Comme il s’agissait d’un métier et d’un secteur qui m’étaient totalement inconnus (je ne connaissais même pas l’intitulé du poste), j’ai intégré un dispositif d’aide à la recherche d’emploi qui s’appelle « nos quartiers ont du talent » et qui attribue à de jeunes diplômés un.e parrain/marraine professionnel.le dans le cadre d’un suivi individuel. Ma marraine est Laurence Raison, DRH de la Société Générale, et nous avons œuvré ensemble à découvrir tous les tenants et aboutissants de ce métier de janvier à septembre 2016.

Dans cette optique, j’ai travaillé en tant qu’enquêtrice à l’IFOP de février à septembre 2016 afin d’en apprendre davantage sur le secteur des études marketing et développer mon réseau. Il est vite apparu que mon profil était pertinent pour le métier de chargée d’études qualitatives, mais que je manquais d’expérience dans le milieu. J’aurais néanmoins fini par réussir à trouver un emploi, mais cela aurait pris du temps, et je souhaitais travailler auprès des meilleurs. C’est ainsi que j’ai cherché une formation complémentaire qui pourrait réunir tous mes critères : reconnue, centrée sur les études de marché, de courte durée et comprenant un stage ou une alternance qui constituerait ma première expérience professionnelle.

C'est à ce moment-là que vous avez découvert le Cnam ?

Absolument. La licence professionnelle Etudes de marché du Cnam s’est avérée être le meilleur choix possible pour moi, et elle était également financièrement accessible.

On approche de votre fameuse idée d'un CV vidéo via YouTuve ?

Oui. Pendant mon suivi avec ma marraine, l’idée d’un CV vidéo avait en effet été évoquée afin de rendre mon profil plus attractif. J’ai alors regardé ce qui se faisait sur Internet. Les CV vidéo « classiques » me paraissaient ennuyeux et pas forcément efficaces sur le marché du travail actuel. Les CV vidéo plus originaux et travaillés demandaient un matériel de pointe et donc un investissement financier et des compétences techniques trop importantes. Je regarde beaucoup de vidéos sur YouTube et le concept du « dessine ma vie » y est assez répandu (voir Norman ou Cyprien). J’ai donc eu l’idée d’adapter ce concept d’un point de vue professionnel : « mon CV en dessin ».

Vous avez trouvé les moyens pour y parvenir ?

Techniquement parlant, cela ne demandait pas beaucoup de matériel : un smartphone pour filmer, une perche à selfie en guise de trépied et un tableau blanc avec des marqueurs. Soit un budget de 30 euros au total.

J’ai réalisé, filmé et monté entièrement seule ce CV vidéo. Je me suis aidée de tutoriels sur YouTube pour apprendre à utiliser le logiciel de montage Imovie et j’ai glané quelques dessins sur Internet que j’ai reproduits à main levée (bateau pirate, réunion, etc). En prenant mon temps et en y consacrant quelques heures par jour, il m’a fallu au total une dizaine de jours pour boucler la vidéo.

Et à la suite de cette étape ?

Une fois mon CV vidéo terminé, je l’ai publié sur YouTube et sur mon profil LinkedIn, j’y ai par ailleurs « tagué » certains instituts en commentaires afin d’attirer leur attention. Je l’ai également envoyé à mon réseau créé grâce à mon poste à l’IFOP et à ma marraine.

Un de mes contacts travaillant chez TNS SOFRES et faisant partie du dispositif « nos quartiers ont du talent » a transmis mon CV vidéo au service RH. Pour la petite anecdote, la chargée de recrutement a vu deux fois mon CV vidéo dans la même journée : la première via mon contact et la seconde via un de ses collègues l’ayant visionné sur LinkedIn, sans doute grâce à un partage ou un tag.

TNS SOFRES m’a contactée très rapidement et j’ai passé un entretien avec la chargée de recrutement, puis un autre avec une responsable du pôle qualitatif. Il est certain que mon CV vidéo a fait la différence et m’a permis d’obtenir ce stage chez le numéro 1 mondial des études de marché. Les recruteurs sont aujourd’hui tellement sollicités qu’il faut rivaliser d’inventivité pour attirer leur attention, même pour un stage. Avec mon parcours un peu spécial et pas vraiment linéaire, ils auraient pu y voir un risque, mais ma « créativité » a fait pencher la balance en ma faveur.

Un message que vous voudriez délivrer à d'autres auditeurs du Cnam en panne de stage ?

Oui. Si vous avez une idée, un projet dans lequel vous croyez, investissez-vous et accrochez-vous en dépit de l’avis des autres. Lorsque j’ai commencé à parler de mon idée de CV vidéo, beaucoup de personnes de mon entourage se sont montrées sceptiques, certaines ont même essayé de me décourager avec toutes les bonnes intentions du monde... Je n’ai pas écouté, et c’est aujourd’hui un avenir sous les meilleurs auspices qui s’ouvre à moi. Je serai d’ailleurs à la recherche d’un CDI à temps plein dès le mois de mai 2017 ! A bon entendeur...